Un appui institutionnel nécessaire pour des informations climatiques de qualité

Paris, France, 10 décembre 2015 (ClimDev-Afrique) - Des météorologues africains participant à la 21ème Conférence des parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) déplorent la part congrue réservée à la météorologie dans les politiques de planification nationale et appellent à un appui institutionnel pour des informations climatiques de qualité.

Dans une session parallèle de la Conférence de Paris sur le climat, organisée sous le thème : «Les systèmes d’observation du climat, l’information climatique et le développement de l’Afrique» plusieurs météorologues africains ont déploré la situation de l’observation climatique en Afrique et plaidé pour un appui institutionnel aux structures chargées de l’observation et du suivi.

Pour Daouda Konaté, Directeur de la météorologie nationale et représentant permanent de la Côte d’Ivoire auprès de l’Organisation mondiale de la météorologie (OMM), « L’observation climatique est très faible et très disparate en Afrique, du fait du manque de stations d’information et de capacité de traitement de l’information ».

Ce manque s’explique par l’inexistence de budgets et de suivi de politiques météorologiques au niveau des Etats. Il appelle à un appui institutionnel pour améliorer l’observation du climat et le traitement de l’information, de manière à mieux lutter contre les effets pervers des changements climatiques.

M. Konaté invite les pays africains à «prendre conscience de l’importance de l’information climatique en ciblant les cinq secteurs prioritaires: la santé, l’agriculture, la réduction des catastrophes nationales, l’eau et l’énergie ».

Dans ces domaines prioritaires, souligne-t-il, il faut œuvrer à rendre un service approprié aux utilisateurs afin de mieux lutter contre les effets pervers des changements climatiques liés à ces secteurs.

«Tout dépend de la capacité d’observation », fait–t-il remarquer, indiquant que pour pouvoir dire à un agriculteur qu’il va y avoir un changement de temps, il faut l’avoir observé, simulé et prévu.

«Tant qu’il n’y aura pas de bons systèmes d’observation qui soient adéquats, efficaces et robustes, nous ne pourrons pas fournir des services climatiques appropriés aux populations », a-t-il martelé, soulignant la nécessité d’un appui institutionnel des Etats pour mieux lutter contre les changements climatiques et d’une bonne observation pour le développement des programmes de lutte contre le changement climatique.

Poursuivant son plaidoyer, M. Konaté soutient que l’appui des services nationaux est indispensable à la réalisation des missions des structures météorologiques.

Selon M. Konaté, le cadre national des services climatiques est un instrument qui peut transformer les services climatiques en outil de décision. L’informateur doit donc pouvoir puiser dans l’information climatique pour agir sur le terrain, d’où la nécessité d’insister pour insérer une ligne d’observation climatique dans les budgets nationaux.

 Paul Ouedraogo, Conseiller pour l’Afrique au Secrétariat de la Convention de Ramsar, appelle pour sa part, à légiférer en matière de financement de l’observation climatique.

« Nous sommes prêts, nous avons de la documentation, nous savons ce que les députés peuvent faire, nous savons ce que les institutions peuvent faire, nous pouvons les aider, nous sommes mêmes prêts à payer nos billets d’avion pour venir à Abidjan, Accra et partout où il faut pour pouvoir discuter avec les parlements, avec les commissions en charge de la météo et de l’environnement pour les convaincre et même élaborer les projets de loi qu’ils pourront défendre. Tant qu’il n’y aura pas d’inscription au niveau des lignes budgétaires des pays, les bailleurs de fonds ne nous prendront pas au sérieux ! », a-t-il déclaré.

Les experts et représentants des institutions qui ont animé le panel sur l’observation climatique ont également plaidé pour un renforcement des capacités de « ClimDev Afrique », seul programme qui, selon eux, s’attèle à assurer la disponibilité de l’information climatique et dont la duplication des projets permettrait de booster le développement à travers une observation climatique efficiente.

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