Journée de l’Afrique : le continent expose ses solutions à la COP21

Paris, France (ClimDev-Afrique) - Longtemps considérée comme la partie du monde dont la voix porte le moins et qui se contente de la générosité des autres, le continent africain se démarque et expose ses solutions pour un monde plus respectueux de la nature, à travers la célébration ce mardi  au Bourget à Paris, de la journée de l’Afrique.

 

Initiée par la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Commission de l’Union Africaine (CUA),  la Banque Africaine de Développement (BAD) et leurs partenaires, la journée de l’Afrique a regroupé des experts, des ministres, des représentants d’institutions internationales autour du thème : « contributions prévues déterminées au niveau national : implications, perspectives et état de préparation de l’Afrique à contribuer aux solutions. »

 

Intervenant à l’ouverture de la journée, Mme Rhoda Peace Tumusiime, Commissaire à l'Economie rurale et à l'Agriculture de la CUA a déclaré que  « Cette journée n’a pas pour but de se lamenter, mais elle vise à montrer les efforts en cours sur le continent en vue de contrer les effets pervers du changement climatique à travers les contributions prévues nationales déterminées (CPDN) ».

 

Le Secrétaire exécutif  de la CEA, M. Carlos Lopes s’est dit très heureux que l’Afrique soit présente et précise que « l’Afrique n’est pas ici pour mendier la charité, mais pour apporter ses solutions.  L’Afrique est là pour réfléchir sur ses contributions, et il est souhaitable que les contributions mènent à un nouvel accord », a-t-il poursuivi.

 

 Abondant dans le même sens, M. Anthony Young de la BAD a ironisé que « L’Afrique a beaucoup de potentiel, mais personne ne mange  le potentiel ». Il a plaidé pour la transformation du potentiel en concret.

 

 « Il est important que nous quittions Paris avec un accord contraignant. L’Afrique n’est pas là pour demander la charité ! Les CPDN constituent la preuve de l’engagement de l’Afrique. Il nous faut des accords sur la base des CPDN, mais  il faut éviter que l’Afrique soit  condamnée à la pauvreté perpétuelle ! », a-t-il martelé.

 

 Dr Richard Sezibera, Secrétaire général  de la Communauté de l’Afrique de l’Est, fait remarquer que si tous les pays africains, sauf la Libye dont tout le monde connait la particularité, ont déposé leurs CPDN, c’est la preuve que  tous ont donné de leur engagement.

 

« Les CPDN s’appuient sur les indications de la Cop, les programmes nationaux, les plan d’actions au plan national. L’Afrique est prête et très disposée à jouer son rôle à l’échelle mondiale, mais en Afrique nous devons  agir au plan régional. Nous avons les actions au plan national, mais il faut agir au plan régional », a-t-il souligné, invitant à œuvrer  à ne pas « tuer notre planète à coût de degrés celsius! ».

 

 L'objectif principal de la journée de l'Afrique, rappelle-t-on, etait de fournir une plate-forme et la possibilité d'examiner de manière critique ce que l'accord post-2015 sur  le changement climatique pourrait signifier à l'Afrique et porter à l'attention du monde, certaines des mesures présentées par l'Afrique comme des solutions dans la lutte contre le changement climatique.